L’immunologie chez AbbVie : visite guidée du laboratoire avec Lisa Olson

La vice-présidente du département de recherche en immunologie d’AbbVie nous présente l’approche du laboratoire concernant la nouvelle génération de traitements novateurs des maladies auto-immunes.

Lisa Olson, vice-présidente, directrice du centre de recherche en immunologie de Worcester (États-Unis)

La médecine personnalisée est sur toutes les lèvres. Comment cette notion peut-elle être appliquée en immunologie ?

Lisa Olson : Au cours de mon existence, j’ai pu voir les progrès accomplis en matière de médecine sur mesure ; cette notion au départ rudimentaire joue désormais un rôle essentiel en oncologie. En immunologie, nous n’en sommes qu’aux prémices de sa mise en œuvre. Je rêve du jour où les médecins disposeront d’un arsenal thérapeutique varié pour lutter contre chaque maladie ainsi que d’outils diagnostics les orientant vers le traitement le plus approprié à chaque cas.

Il existe un besoin réel de médecine personnalisée dans les maladies à médiation immunitaire comme la polyarthrite rhumatoïde ou la maladie de Crohn. Environ 30 % des patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde (PR) ne répondent pas aux médicaments anti-TNF1 parce que leur maladie fonctionne différemment. Des mécanismes inconnus sont à l’œuvre et nous devons les percer à jour.

De quelle manière le laboratoire AbbVie s’y prend-il pour déterminer les causes de ces maladies ?

LO : AbbVie s’est notamment allié à neuf autres laboratoires pharmaceutiques, aux Instituts américains pour la santé (NIH), à l'Agence américaine du médicament (FDA) ainsi qu’à divers organismes à but non lucratif pour participer au programme Accelerating Medicines Partnership.

À travers l’analyse d’échantillons sanguins et tissulaires prélevés chez des patients atteints d’une PR ou d’un lupus, nous espérons parvenir à identifier ce qui distingue les patients répondeurs des patients non répondeurs aux traitements de la PR, mais aussi à acquérir une compréhension plus approfondie et systématique des mécanismes de la maladie, qu'il s’agisse de la PR ou du lupus. La finalité de ce partenariat est d’augmenter le nombre de nouveaux diagnostics et traitements pour les patients, et de réduire le temps de développement et le coût de ces traitements.

Quelles sont les autres stratégies d’AbbVie pour aider les patients atteints par ces maladies à obtenir une rémission ?

LO : Nous pensons que l’obtention d’une véritable rémission implique l’utilisation de traitements en association. Les maladies à médiation immunitaires peuvent s’avérer très complexes et exploitent souvent plusieurs voies de développement complémentaires ; on peut donc supposer qu’un traitement pleinement efficace doit inhiber plusieurs voies de développement. En associant deux types d’inhibiteurs, on pourra potentiellement obtenir un effet thérapeutique plus puissant.

Quelles sont les technologies émergentes auxquelles AbbVie s'intéresse actuellement ?

LO : Nous étudions des technologies qui nous permettent d’affiner l’immunomodulation, à l’image des anticorps conjugués. La théorie consiste à estimer que l’association d’un anticorps à une charge immunosuppressive nous permettra d’obtenir l’effet qu’aurait dans l’organisme un missile à tête chercheuse ciblant uniquement les cellules immunitaires anormales.

Par exemple, les stéroïdes sont des médicaments connus et efficaces utilisés dans le traitement des maladies à médiation immunitaire, mais ils ne sont pas tolérés à fortes doses. Avec un anticorps conjugué, nous pouvons cibler spécifiquement les cellules immunitaires qui sont en surchauffe. L’anticorps identifierait la cellule pro-inflammatoire et y pénétrerait pour libérer la molécule stéroïde et désactiver la cellule comme on éteindrait la lumière en pressant un interrupteur.

Nos chercheurs étudient également les possibilités de notre technologie DVD-Ig™ (immunoglobuline à domaine variable double), qui vise à potentialiser l’effet du traitement en délivrant deux anticorps à partir d’un seul agent. Avec cette technique, nous pourrions potentiellement fournir aux patients l’équivalent d’une arme à deux lames qui ciblerait simultanément deux voies de développement connues pour leur implication dans plusieurs maladies inflammatoires.

Où votre équipe et vous-même trouvez-vous la motivation pour avancer ?

LO : Lorsque j’arpente les couloirs de notre centre de recherche biologique de Worcester (Massachusetts), je pense aux histoires des patients à qui nos traitements ont changé la vie.

En gardant cette idée en tête, nous continuons de chercher et d’expérimenter afin de trouver la prochaine grande avancée scientifique majeure susceptible de donner naissance à des traitements pour d’autres maladies.

Je suis fière de pouvoir dire que notre pipeline regorge d’extraordinaires traitements potentiels qui pourraient nous permettre de concrétiser cette ambition.

Consultez la rubrique Pipeline pour en savoir plus sur les dernières avancées d’AbbVie dans le domaine de l’immunologie.

1. Rubbert-Roth, Andrea et al. Treatment options in patients with rheumatoid arthritis failing initial TNF inhibitor therapy: a critical review. Arthritis Res Ther. 2009 ; 11(Suppl 1): S1.