Maladie d’Alzheimer,

les cellules microgliales sont là pour en découdre

 
Situées dans le cerveau, les cellules microgliales défendent ce dernier, ainsi que la moelle épinière, des menaces venant de l’intérieur et de l’extérieur, notamment en détectant les neurones endommagés ou anormaux. Elles ne font qu'une bouchée des intrus – autrement dit des envahisseurs comme les bactéries et les virus – et plaquent à leur surface les débris des vaincus pour signaler leur présence et solliciter de l’aide. 

Si l’on devait personnifier ces cellules, rien ne leur irait mieux qu'une cape de super-héros pour les accompagner dans leurs aventures épiques contre les malfaiteurs. 

Au cours des dernières décennies, les scientifiques ont concentré leurs efforts de recherche dans la maladie d'Alzheimer sur le rôle du système immunitaire dans le cerveau, et plus particulièrement sur le rôle de cellules appelées « cellules microgliales » ou « microglie ». 

Les cellules microgliales se trouvent exclusivement dans le cerveau et représentent de 10 à 15 % des cellules de ce dernier. Au cours de la maladie d’Alzheimer, les cellules microgliales encerclent les plaques amyloïdes, initialement identifiées par le Dr Alois Alzheimer comme des marqueurs de la maladie qui porte son nom. 

« Il y a à présent plus de 100 ans qu’Alois Alzheimer a réalisé le premier croquis des cellules microgliales, un croquis qui ressemble fort aux représentations dont nous disposons actuellement », a déclaré Dr Jim Summers, vice-président du département de recherche et développement en neurosciences chez AbbVie. « Nous avons conscience de l’importance des cellules microgliales. Cependant, les chercheurs ne sont pas encore parvenus à déterminer leur rôle exact dans l’étiologie et l’évolution de la maladie. »   

Environ 30 % des gènes identifiés comme des facteurs de risque ou de protection vis-à-vis de la maladie d'Alzheimer sont associés aux fonctions de la microglie. On pense également que la microglie joue un rôle dans la transmission de la protéine Tau de neurone en neurone ainsi que dans l’« élagage synaptique ».

Pourtant, comme tous les super-héros, la microglie a ses faiblesses et n’est pas infaillible. Pour des raisons qui nous échappent, chez certains patients atteints de la maladie d'Alzheimer, les cellules microgliales n’éliminent pas les plaques amyloïdes comme elles devraient le faire. À moins qu’elles n’y parviennent au début de la maladie avant de devenir incapables de suivre le rythme au fil de l’évolution pathologique.

 

Les chercheurs sont  donc particulièrement intéressés par les gènes exprimés par la microglie et associés à une augmentation ou une diminution du risque de maladie d'Alzheimer comme CD33 et TREM2.  Ils étudient également les cellules microgliales qui entourent les plaques amyloïdes afin de comprendre ce qui les différencie des autres cellules microgliales et de quelle manière elles peuvent être encouragées à éliminer les plaques.   

« La recherche des causes de la maladie d’Alzheimer et de traitements permettant d’aider les patients est une quête de longue haleine qui dure depuis plus de 100 ans. Quand on y pense, les cellules microgliales ne sont entrées dans le champ de la recherche qu'assez récemment », commente Dr Summers. « Ces cellules pourraient n’être qu’une petite pièce du puzzle, mais leur présence autour des plaques amyloïdes, leur association génétique à la maladie et leur rôle dans la détection des neurones endommagés ou anormaux en font des objets d’étude non négligeables », conclue le scientifique.  

FR-ABBV-190063-02/2019