Les perspectives à venir dans la prise en charge du psoriasis

La compréhension de la complexité du système immunitaire pourrait aider les patients à obtenir de meilleurs résultats

Photomicrographie d’un échantillon de tissu cutané affecté par le psoriasis, une maladie chronique de la peau provoquant une inflammation et des lésions squameuses. Source : Biophoto Associates/Science Photo Library

Comment traiter le psoriasis au-delà de la peau

« Laissez-moi vous rappeler ce qu’était la prise en charge du psoriasis quand j’ai débuté ma carrière de dermatologue », lance Kristian Reich, dermatologue et professeur au Dermatologikum d’Hambourg (Allemagne). « Les patients étaient hospitalisés pour trois à quatre semaines, deux à trois fois par an. Que pouvions-nous faire pour eux ? »

Il y a 20 ans, Kristian Reich ne disposait d’aucune solution satisfaisante pour aider ses patients souffrant de psoriasis. La majorité des patients ne répondait pas aux options thérapeutiques disponibles. Ces traitements n’étaient clairement pas suffisants et ils ne permettaient pas de cibler l’origine physiopathologique de la maladie.

Les scientifiques et chercheurs savaient que le psoriasis n’était pas simplement une affection cutanée. Ils savaient que cette maladie était due à un système immunitaire dysfonctionnel envoyant des signaux erronés et induisant une prolifération trop rapide des cellules de la peau.

Mais leur compréhension de ces problèmes de signalisation n’était pas très claire.

La recherche d’une meilleure cible

Au début des années 2000, les scientifiques avaient commencé à rassembler de nouvelles données concernant l’etiopathogénie (étude des causes et des facteurs d’une maladie) du psoriasis. Ils avaient identifié une protéine spécifique qui jouait un rôle dans la réponse immunitaire de l’organisme et cette découverte avait entraîné le développement de nouveaux médicaments biologiques.

Les médicaments biologiques sont des traitements spécifiques qui ciblent le système immunitaire dysfonctionnel selon une approche ciblée afin de traiter la maladie à son origine.

Avec ces nouveaux médicaments, de nombreux patients ont obtenu une amélioration de leur état, et cela a motivé les scientifiques et chercheurs à enrichir leurs connaissances afin d’aider plus de patients à obtenir une amélioration de leur psoriasis.

Le passage de 75 à 100

« Lorsque j’interroge mes patients atteints de psoriasis sur leurs attentes, ils disent qu’ils ne veulent plus voir la maladie », déclare Kristian Reich.

Mais qu’est-ce qu’on doit comprendre par « ne plus voir la maladie » ? Les médecins se basent sur un outil de mesure appelé le score PASI (évaluation de la sévérité du psoriasis) pour mesurer la réponse du patient au traitement. Un score PASI 50 indique une amélioration traduite par l’élimination de 50 % des plaques et squames, un score PASI 75 une amélioration de 75 % et un score PASI 90 une amélioration de 90 %.

« Aujourd’hui, les patients sont si nombreux à obtenir un score PASI 75 que l’objectif est à présent d’atteindre un score PASI 100, soit une amélioration de 100 % des symptômes cutanés du psoriasis », déclare Marek Honczarenko, M.D., Ph.D., vice-président du Développement en immunologie Monde chez AbbVie.

Pour y parvenir, les scientifiques et chercheurs d’AbbVie travaillent pour mieux déchiffrer le fonctionnement du système immunitaire tout en essayant d’identifier de nouvelles cibles susceptibles de permettre la mise au point de traitements du psoriasis proposant divers mécanismes d’action.

Quelle que soit la composante du système immunitaire qu’ils étudient, c’est la perspective d’un score PASI 100 (l’élimination complète des symptômes cutanés du psoriasis) qui continue d’inciter les chercheurs à adopter de nouvelles approches.

La prochaine étape : intervenir en amont de l’apparition de la maladie

Si bon nombre de chercheurs aspirent à aider les patients à obtenir l’élimination complète des symptômes cutanés, d’autres imaginent franchir un cap plus ambitieux : prévenir le développement du psoriasis.

« À l’avenir, nous souhaiterions pouvoir intervenir le plus tôt possible, voire de prévenir complètement le psoriasis. Notre objectif est de prévenir la maladie et de finir par la guérir », confie Marek Honczarenko.

« Pour y parvenir, nous devrons changer notre approche de ce domaine dans son ensemble. Nous devrons travailler davantage sur nos méthodes de diagnostic et notre capacité à prédire la réponse d’un patient aux traitements disponibles. Si nous y arrivons un jour, ce serait un événement extraordinaire pour les patients et une démonstration formidable de la puissance de la médecine personnalisée. »

FR-ABBV-190013-01/2019