La dermatite atopique au quotidien : bien plus que de simples démangeaisons

Sommes-nous sur le point de franchir un cap dans la compréhension de cette maladie ?

La peau : barrière ou champ de bataille ?

Cette enveloppe extérieure recouvre l’ensemble du corps humain. Elle s’étend sur plus de 6 m2, jouant à la fois le rôle de bouclier et celui d’isolant. Elle nous protège des agressions du soleil, du froid et de tous types de germes et de bactéries1. Il s’agit de la peau qui, comme bien d’autres parties de l’organisme, peut se transformer en champ de bataille en cas de dysfonctionnement du système immunitaire.

La plupart des gens ont déjà entendu parler de l’eczéma, une affection cutanée courante qui se traduit par des démangeaisons et un assèchement de la peau, qui gonfle, se fend et s’épaissit peu à peu. Mais l’étymologie du mot nous renvoie au grec « ekzein » qui signifie « bouillonner », un terme qui évoque la forme la plus sévère de l’affection : la dermatite atopique (DA).

La dermatite atopique est une affection cutanée inflammatoire chronique. Dans sa forme la plus sévère, elle peut se généraliser à l’ensemble de l’organisme, dont le visage, et emprisonner le patient dans une enveloppe de peau enflammée, douloureuse et qui démange.

La dermatite atopique est diagnostiquée le plus souvent dans la petite enfance et touche 15 à 20 % des enfants dans le monde2. Malgré sa fréquence, nombreux sont ceux qui pensent encore à tort qu’il s’agit d’une simple réaction allergique. Pour la communauté scientifique, il reste bien des choses à découvrir sur cette maladie, la façon dont elle se manifeste et les moyens d’aider ceux qui en souffrent.

Des experts comme Emma Guttman, M.D., Ph.D., professeur de dermatologie, d’immunologie clinique et de médecine à l’école de médecine Icahn de Mount Sinai, soulignent la nécessité de recherches complémentaires afin de mieux définir le fardeau de la maladie et la façon dont elle varie selon les populations. Ces variations pourraient nous donner des indications sur la manière de traiter efficacement la dermatite atopique.

Chercher la cause première de la maladie

Pendant de nombreuses années, les chercheurs pensaient que la dermatite atopique était due à une prédisposition familiale allergique. Mais la cause de la maladie pourrait être plus profonde : « Il est devenu clair que la dermatite atopique est plus qu’une simple réponse excessive à des allergènes environnementaux », déclare Aileen Pangan, M.D., directrice médicale exécutive, Immunologie, AbbVie. « C’est l’association d’une activation anormale du système immunitaire et d’une altération de la fonction de barrière épidermique (couche la plus externe de la peau). »

Des recherches récentes ont montré que certaines personnes souffrant de dermatite atopique présentaient une mutation génétique induisant une anomalie dans l’expression d’une protéine essentielle aux fonctions normales de la peau. Bien que cette mutation soit seulement présente chez une minorité de patients, il s’agit du facteur de risque le plus élevé pour la dermatite atopique et il est associé à la forme la plus sévère de la maladie.

Le quotidien des personnes atteintes d’une dermatite atopique

La difficulté d’un quotidien marqué par la dermatite atopique constitue pour de nombreux scientifiques et chercheurs la première motivation les poussant à enrichir leur connaissance de la maladie et à comprendre le mécanisme biologique de la maladie.

Imaginez-vous vous réveiller dans votre lit et découvrir du sang sur vos draps parce que vous vous êtes violemment gratté dans votre sommeil ou bien être incapable de trouver le sommeil en raison de démangeaisons intenses. Imaginez ce que vous pourriez ressentir lorsque vous essaieriez de décrire une poussée de votre maladie à votre entourage.

Vos proches pourraient penser que votre maladie est contagieuse. Votre peau, à force d’être sensibilisée et irritée, nécessiterait un rituel quotidien de soins avec application de préparations émollientes, de crèmes hydratantes et autres traitements topiques. Les implications organisationnelles, sociales et émotionnelles d'une vie avec une dermatite atopique modérée à sévère peuvent altérer votre quotidien et vous empêcher de vivre « normalement ».

Jusqu’à très récemment, les options thérapeutiques étaient limitées aux crèmes topiques et aux immunosuppresseurs, et selon le patient, la réponse à un même schéma thérapeutique était variable. Actuellement, les chercheurs travaillent sur la compréhension des mécanismes biologiques à l'origine de la maladie et développent des traitements ciblant la réponse immunitaire.

Alors que la communauté scientifique commence à comprendre les facteurs génétiques sous-jacents et les processus internes impliqués dans la DA chez chaque individu, la possibilité d’une approche thérapeutique personnalisée semble devenir plus concrète.

« Nous sommes certains que la qualité des traitements de la dermatite atopique va bientôt s’améliorer. Nous sommes sur le point d’apporter de réelles innovations qui aideront les patients à profiter pleinement de la vie », conclue Dr Pangan.

FR-ABBV-190012-01/2019